25 mars 2009
Baptême du Christ
L'icône du baptême du Christ, dite icône de la Théophanie, exprime d'abord l'action de la Trinité qui opère en Jésus. Pour le manifester le sommet de l'icône peut prendre des formes diverses. Parfois un demi cercle symbolise les cieux qui sont ouverts par un rayon, parfois on voit la main de Dieu. L'Esprit, sous forme d’une colombe, est porté par ce rayon de lumière qui vient du ciel.
La colombe nous reporte au début de la Genèse, où l’Esprit se mouvait sur les eaux à l’aube de la création, tout comme ici, elle descend à l’aube de la création d’une humanité nouvelle.
Le Christ est immergé dans l'eau, il est debout dans le Jourdain. Traversant la croûte terrestre, le Christ pénètre dans un “tombeau liquide”, ce trou noir, lieu du “schéol” ou séjour des morts. Son baptême est essentiellement un passage dans la mort et la résurrection, comme le sera, à sa suite, notre propre baptême.
Le Jourdain n'est pas représenté sous forme d'une rivière ordinaire, mais comme une sorte de grotte remplie d'eau. C'est comme un "tombeau liquide" entre des rochers fantastiques. Le Christ descend dans le Jourdain comme si il descendait aux enfers.
tempera et or sur bois
13x26 cm
original : icône copte contemporaine
Jean-Baptiste, vêtu d’une peau de bête, impose la main sur la tête de Jésus pour faire venir sur lui l'Esprit saint. Il se penche sur Celui qu’il baptise, en reproduisant le geste sacramentel de l’officiant à chaque fois que celui-ci invoque l’Esprit par l’imposition des mains. Il s’agit là d’un procédé iconographique fréquent où l’on voit tout se plier, se conformer au souffle, au mouvement contenu et représenté par l’icône: les personnages, les éléments, la nature, les montagnes même sont infléchis dans le sens de la composition.
Enfin, sur la rive se tiennent des anges, dont le nombre varie selon les icônes. Les évangiles n’en parlent pas, les textes liturgiques les mentionnent sans préciser leur rôle. Sans doute est-ce d’assister le Christ dans leur fonction habituelle de prière et de doxologie. Sur certaines icônes, ils ont un rôle qui pourrait s’apparenter à celui des diacres. Ils tiennent dans leurs mains les vêtements qui serviront à habiller le baptisé. Plus souvent, ils tiennent simplement leurs mains tendues dans une attitude de vénération.
L'icône exprime aussi l'action du Christ. Celui ci bénit souvent l'eau du Jourdain avec la main droite. Cette bénédiction sanctifie l'eau et les petits poissons qui sont dans le fleuve. Ceux-ci représentent les hommes qui seront baptisés ou parfois, quand ils sont au nombre de 4, ils représentent les 4 évangélistes.
Une hache est posée au pied d’un arbre sur la rive.«Déjà la cognée est à la racine des arbres;tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu »(Mat 3,10)
En résumé, cette icône, de même que celles de toutes les grandes fêtes de l’année liturgique, est d’une insondable richesse d’enseignements dogmatique et pratique. Lors de la fête de la Théophanie, ainsi qu’à chaque baptême, l’Eglise chante avec allégresse : “Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ”. Le baptême confère la nature d’incorruptibilité du Christ, il lave l’homme de son iniquité afin de lui permettre de revêtir cette nouvelle nature.
Commentaires
Merci pour avoir écrit cette belle icône!
oh comme fleur...en plus il y a meme les explications...grace a toi on va les regarder autrement!!..encore une merveille..







