15 juin 2008
"Non faite de main d'homme"
* La tradition occidentale identifie le "vrai" visage du Christ dans l'image qu'il laissa miraculeusement imprimée sur le linge avec lequel Véronique ("vraie icône") lui essuya la face dans la montée au Calvaire.
Ste Véronique, par Hans Memling
Selon la légende dorée, l'empereur Tibère guérit en regardant cette image acheiropoïete ("non faite de main d'homme"), que Véronique elle-même lui avait apportée de Rome. Cette relique, ainsi appelée "la Véronique", fut copiée d'innombrables fois, jusqu'à ce que l'on en perde la trace.
Certains l'identifièrent avec l'image du voile de Manoppello (dans les Abruzzes), ou avec l'icône de Gênes (église St Barthélémy des Arméniens).
voile de Manoppello
* Pour l'Orient chrétien, la véritable image de la Saite Face est au contraire le Mandylion, le portrait que Jésus envoya à Abgar, roi d'Edesse, pour le guérir; caché ensuite dans la maçonnerie d'une muraille, il fut retrouvé en 545 et transféré à Constantinople en 944.
le roi Abgar, recevant le Mandylion
Cette image, qui resta exposée à Ste Sophie jusqu'en 1204 (elle disparut lors de la quatrième croisade), pourrait en réalité correspondre au Saint Suaire (conservé à Turin).
La tuile (le Keramion), utilisée pour murer le Mandylion durant les persécutions, conserve l'empreinte inversée de la Ste Face.
le Keramion
Je me suis inspirée d'une fresque du XII ème s.qui existe sur l'île de Chypre, et j'ai donc écrit cette image "non faite de main d'homme".
Avant le VI ème siècle, le Christe était souvent représenté sous la forme d'un homme jeune, imberbe, avec des cheveux courts (en particulier dans les catacombes). A partir du VI ème siècle, c'est la représentation du Mandylion qui va dominer. Depuis, cette image est considérée comme la manifestation du Verbe de Dieu et elle devient le "canon" de l'icône du Christ.
- les grands yeux marrons, le nez long et étroit, les lèvres fines et closes, sont signe de silence et de force intérieure.
- l'épaisse et abondante chevelure est maintenant caractéristique. Noter les 3 petites mèches au sommet du front...elles pourraient reprendre les gouttes de sang du St Suaire...et auraient ainsi été traduites en mèches. Elles se retrouvent sur quasiment toutes les icônes du Christ.
- l'auréole est cruciforme et portent les lettres O ω N qui signifient en grec "Je suis Celui qui suis", le saint trigramme révélé à Moïse sur le Mont Horeb. Les lettres IC XC sont les abréviations de Jésus-Christ.
"Comment faire une image de l'Invisible ? Comment représenter les traits de ce qui n'est à nul autre pareil ? Comment représenter ce qui n'a ni quantité, ni grandeur, ni limites ? Si tu as compris que l'Incorporel s'est fait homme pour toi, alors c'est évident, tu peux exécuter son image humaine. Puisque l'Invisible est devenu visible en prenant chair, tu peux exécuter l'image de celui qu'on a vu. Puisqu'il s'est réduit à la quantité et à la qualité et s'est revêtu des traits humains, grave donc sur le bois et présente à la contemplation celui qui a voulu devenir visible."
Ainsi parlait Saint Jean Damascène, Père de l'Eglise grecque, pour défendre les icônes lors de la crise iconoclaste qui sévit dans l'Empire byzantin au VIII° siècle.
Commentaires
et bin c magnifique...j'avais lu quelque part que cela serait une plaisanterie de leonardo le visage du christ...euh...peut-etre le saint suaire...et je sais plus...mais jolie ton inspiration..;o)...
jusqu'à la fin des temps le Saint Suaire continuera à faire couler beaucoup d'encre et à susciter toutes sortes d'explications.
Ils en reparlent régulièrement su saint-suaire de turin!!! j'aime ceux que tu nous montres!!!j'aime les expressions sur les visages qui à mes yeux traduisent pour les trois derniers, la réfléxion, le deuxième la consternation, le troisième l'accepation, c'est comme ça que je les vois!!!
La Véronique et le jubilé à Rome
Arrivée à Rome aussi mystérieusement que le crucifix de Lucques, la relique du voile de Véronique devint un tel objet de vénération que voir la Véronique devint synonyme du pèlerinage romain. Dante en parle ainsi dans la Divine Comédie :
Comme un homme, venu, qui sait ? de Croatie
Jusque chez nous, pour voir la Véronique,
Ne peut en assouvir sa faim invétérée
Mais en pensée dit, tant qu’on la lui montre :
« Ô mon Seigneur Jésus, ô Dieu de vérité,
Votre semblance était donc ainsi faite ? »
Plus de détails ici :
http://www.villemagne.net/site_fr/rome-la-veronique.php













