12 mai 2008
Inauguration de la Croix de Fresneau
Samedi 10 mai, pendant les Vigiles de la Pentecôte, la Croix de Fresneau a été bénie et officiellement inuagurée par Monseigneur Lagleize, évêque de Valence
A l’écart du vieux Marsanne, dans le lit d’un gros ruisseau, s’élèvent une chapelle et un sanctuaire dédiés à la Vierge, où se déroule un pélerinage annuel le 8 septembre. Plusieurs légendes et prodiges se rattachent aux lieux favorisés par la présence de l’eau d’une fontaine à laquelle la tradition attribue des miracles, le premier étant la guérison d’une jeune fille aveugle au XIe siècle.
La site comporte deux sanctuaires : une petite chapelle ancienne (où se trouve maintenant la Croix) et une chapelle plus moderne datant du XIXème siècle.
Commentaire explicatif de la Croix de Fresneau
La Croix du Christ est d’un bleu foncé, bordée d’un trait rouge. L’instrument du supplice qui donne la mort devient l’arbre par lequel nous est donnée la Vie (rouge, couleur du sang)
Le Christ lui-même se dresse, victorieux, paisible et accueillant. Ce n’est plus le Christ souffrant, mais le Vivant. Son corps est droit, détendu et ses bras grand ouverts semblent nous appeler à aller vers Lui. Son corps nu est exposé sans honte : le Christ rétablit l’homme dans sa dignité première d’Image et de Ressemblance de Dieu. Sa taille est ceinte d’un pagne blanc, couleur de la Résurrection.
Autour de la tête, dans une auréole cruciform, les trios lettres O, W, N, initiales en grec de la phrase « Je Suis Celui qui Est », (YAHVE), rappellent la divinité du Christ.
Sous les bras de la Croix, d’un côté la Vierge Marie, droite, digne, nous présente d’une main Celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie. Cependant son regard se pose sur St Jean que Jésus lui a confié par ces mots : « Femme, voici ton fils » Au pied de la croix se renouvelle la maternité de la Vierge initialisée à Noël. C'est une nouvelle maternité, non plus selon la chair mais selon l'Esprit, à laquelle le Christ l'appelle en lui confiant Jean comme fils adoptif, représentant toute l'humanité.
Elle est revêtue d’une robe rouge et d’une tunique bleue, portant ainsi les vêtements des imperatrices byzantines. Trois étoiles ornent successivement ses épaules et son front, symboles de sa virginité avant, pendant et après la naissance du Christ. Ses cheveux sont cachés par une sorte de bonnet.
De l’autre côté, l’apôtre St Jean, le seul à avoir été au pied de la Croix. Même si lui aussi tend une main pour nous désigner le Christ, il a une attitude encore affligée.
Sous les pieds du Christ, la chapelle du sanctuaire de Fresneau à qui le Christ apporte la Vie A tous ceux et celles qui viennent au sanctuaire, le Christ offre la Vie qui jaillit de sa Mort et de sa Résurrection.
Au dessus de la tête, les abréviations de Jésus-Christ : IC XC
De part et d’autre des mains du Christ, 4 figures, que l’on désigne par un terme étrange : le Tétramorphe. Cet ensemble iconographique s'inspire directement de la vision de Saint Jean dans l‘Apocalypse :« Un trône était dressé dans le ciel, et quelqu'un était assis sur ce trône... et autour du trône, il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière. Le premier animal ressemblait à un lion; le second ressemblait à un veau; le troisième avait le visage comme celui d'un homme et le quatrième ressemblait à un aigle qui vole. « (Apocalypse IV, 2-7)
Une référence dans le livre d’Ezechiel illustre également le Tétramorphe :
Dès les premiers siècles du christianisme, on admit que les quatre animaux symbolisaient Ies quatre évangélistes
Si Matthieu a pour attribut l'homme, c'est parce qu'il a commence son Evangile par la généalogie du Christ.
Au début de l'Evangile de Luc, allusion est faite au sacrifice offert par Zacharie (Luc I, 5). Le bœuf ou le veau, animal du sacrifice, symbolise donc Luc.
Le lion désigne Marc qui, des les premières lignes de son récit, nous parle de la voix qui crie dans le désert (Marc 1, 3).
L'aigle
, enfin, est la figure de Jean, car son texte nous place, dès le début, en face du Verbe, "vraie lumière" (Jean 1, 1-4). Or l'aigle est le seul animal à pouvoir regarder le soleil en face.
« Au centre encore, on voyait quatre animaux dont voici la figure: ils avaient une ressemblance humaine; chacun d'eux avait quatre faces et chacun quatre ailes....Quant à la forme de leurs faces, ils avaient tous quatre une face d'homme, une face de lion, du côté droit, tous quatre une face de bœuf du côté gauche, et tous quatre une face d'aigle. »
(Ezechiel 1, 4-10)












